Ma découverte au Machu Pichu

Le 24 novembre 2008, j’arrivais au Machu Pichu. Auparavant j’étais passé à Arequipa, Puno et Cusco et me voilà posant le pied dans l’un des lieux les plus mystiques d’Amérique du sud. Il est près de 7H40 du matin, la brume est encore omniprésente sur la cité, traversant les montagnes environnantes. Le Huayna Pichu ou « Montagne jeune », apparait au fond du Machu Pichu, jaillissant au travers des nuages. Alors que l’accès au Machu Pichu n’est pas limité en nombre, celui du Huayna Pichu l’est. Donc je me décide à aller directement réserver ma place pour un départ à 10H. Nous sommes en novembre et ce n’est pas vraiment la saison touristique, il n’y a pas tant de personne que ça. Une fois inscrit je commence ma balade sur le site et décide dans un premier temps d’aller complètement à l’autre bout, à l’Intipunku ou porte du soleil, point arrivé des treks qui passent par le chemin de l’inca. Je passe devant une pierre énorme, où j’aperçois de grandes traces noires. Un lieu sacré pour des rites religieux, cela semble certains. Mais je comprends en observant un panneau qu’il ne s’agit pas de la porte du soleil. Un doute m’envahit. Un lieu saint entre l’arrivée du trek et l’entrée de la ville mais semblant appartenir à la ville. Je continue le chemin et arrive à des ruines où se trouvent un groupe de marcheurs ayant fait le voyage par le chemin de l’inca. On m’indique alors la porte du soleil qui se trouve à environ 25 minutes de marche, trop loin pour moi si je veux arriver pour 10H à l’entrée du Huayna Pichu. Je reviens alors en arrière pour aller commencer mon ascension du Huayna Pichu.

L’ascension est dite dangereuse, je suis chargé d’un sac à dos, mais il ne pleut pas. Même si je suis sujet au vertige, on ne vient souvent qu’une fois dans ce lieu, alors autant en découvrir toutes les facettes. J’apprends grâce au plan qu’on peut soit faire juste l’ascension du Huayna Pichu puis revenir, soit passer par la Grande Cave et le temple de la Lune puis le Huyana Pichu et revenir. Je décide de choisir cette option qui m’avait été conseillé par des amis ayant fait le parcours auparavant. Ca grimpe, c’est physique et effectivement deux ou trois passages sont assez difficiles. La partie la plus physique a été la montée depuis la Grande cave jusqu’au sommet par un petit chemin qui passe derrière les ruines situées près de la grande Cave. Je rencontre peut de touriste mais un américain de Chicago plaisante en me disant que je vais découvrir des ruines au Machu Pichu.

J’arriva au sommet du Huayna Pichu, complètement essoufflé et il me faut un quart d’heure a discuter avec un garde pour me redonner l’énergie nécessaire. Au sommet, je remarque un jeune garçon qui dessine en regardant le Machu Pichu. Je commence alors à regarder la cité depuis ce point de vue magnifique. Soudain quelque chose me saute aux yeux. Un oiseau, la cité à la forme d’un oiseau. Je regarde le dessin du jeune garçon mais cela n’est pas très ressemblant et je n’y distingue rien. Mais là, devant moi, un oiseau. C’est incroyable. Pourquoi mon livre n’en parle pas, c’est pourtant un détail qui serait apprécié des touristes, un peu comme on essaie de trouver la ressemblance entre un nuage et une forme connue. Mais je ne trouve rien dans mon livre. Je commence à regarder la forme de plus près et remarque que même la répartition des bâtiments suit la logique de la forme que j’ai trouvée. Les ailes, les pattes, le corps… et l’œil ! L’œil ! Je remarque alors quelque chose de stupéfiant. L’œil, qui est clairement définie, une terrasse d’une forme spéciale, différente des autres, l’œil, une partie du corps de l’oiseau qui semble avoir une grande importance. Cet œil est indiqué comme une terrasse. Même mon guide touristique ne l’inclus pas sur son plan de la cité, s’arrêtant au mirador. Ce n’est pas possible ! Pourquoi les incas se seraient donné la peine de différencier nettement chaque autre partie du corps et donner à l’œil la seule importance d’une terrasse. Ce n’est pas logique.

Je décide de redescendre afin d’étudier tout cela depuis le bas du Machu Pichu, sur place. La vision que me donne mon guide, celle de Hiram Hingham donnée après sa découverte du site devient peut être erronée, fausse. Ma découverte peut changer le sens des bâtiments puisque la forme est définie par leur position. En allant jusqu’à la terrasse de l’œil, je passe par le groupe des trois portes, un groupe dont l’utilité est encore assez mal définie. Je m’arrête, visite les différentes parties et remarque que certaines zones semblent permettre le guet. Le guet sur la place principale et les bâtiments supérieurs mais aussi sur l’arrière de la cité, en contrebas. En contrebas… J’ai compris à ce moment là l’erreur commise depuis la découverte du Machu Pichu. L’entrée n’est pas la porte du soleil, l’entrée du site ne se fait pas par le sud, au moment de la construction. Quelle ville permet d’entrer directement d’arriver par les bâtiments principaux religieux ? On passe toujours par les zones plus modestes ou de défenses. En outre on arrive souvent par le bas de la cité, pas par le haut. C’est une logique commune à la plupart des peuples du monde, issu d’un bon sens commun. L’entrée d’origine de la cité est donc plus bas, à l’est, sous le groupe des trois portes. Ce qu’on appelle la porte d’entrée principale aujourd’hui devient en fait la porte arrière permettant de se rendre dans les lieux sacré représenté par l’œil, le mirador, la porte du soleil. Mettre une porte aussi importante révèle l’importance du lieu qui se trouve à l’arrière de la cité. Un endroit sacré dont la cité n’est que l’annexe. La zone près de l’œil est la raison d’être de la cité. C’est évident, on ne met pas le cimetière des gens importants (cimetière supérieur) à l’entrée de la ville. Ce n’est pas logique. Les incas ont voulut cacher l’existence de la cité, donc s’ils empruntaient le chemin de l’inca c’était pour dissimulé l’entrée. Le chemin d’origine montait directement depuis la vallée et aurait été facilement identifiable pour les troupes espagnoles qui s’y déplaçaient. Le chemin de l’inca et la porte du soleil ne sont pas les voies d’accès d’origine de la cité. Tout s’explique, la pierre avec les traces noires ne se trouvait pas avant d’arriver par la cité mais bien après. Le mirador ou maison du gardien censé protégé la cité mais qui n’est pas tourné vers le chemin d’entrée. Cette même bâtisse proche d’une pierre funéraire et d’un cimetière. Est-ce qu’on mettrait la maison d’un gardien à l’intérieur d’un cimetière ? Lugubre… Non, bien sur que non, les incas n’ont pas construit cette maison pour avertir la cité de l’arrivée d’un envahisseur. La maison du gardien est directement liée au cimetière, à la pierre funéraire.

Je me dirige désormais vers cette zone qui représente tout en fait. La zone la plus sacrée du site et complètement ignorée des touristes qui passent leur temps à faire des photos du Machu Pichu avec derrière le Huayna Pichu. Evidemment c’est un des meilleurs points de vue. Le point de vue que le constructeur de la cité à voulu donné à l’endroit le plus importance. L’endroit duquel on avait une vue magnifique. Ce n’est pas la beauté de l’emplacement qui a de l’importance, mais la vue que l’on a depuis ce point. On se trouve en hauteur, peut être même plus que L’intihuatana. Le lieu le plus élevé n’a-t-il pas une importance notable. Et que représentent ces piliers en pierre qui domine ces terrasses. Ce lieu si important, il est clair que le constructeur du Machu Pichu a voulu qu’il soit l’emplacement sacré du site. La tombe de Pachacutec n’a pas été découverte. On émet l’hypothèse du site de Quen’Ko au dessus de Cusco. Pachacutec avait de quoi être fier de la cité, le cimetière supérieur se trouve juste en dessous de l’œil, une petite maison dont j’ignore la signification est accolé à l’œil, Une pierre funéraire se trouve à proximité, l’endroit est élevé et la vue depuis ce lieu est splendide. Le lieu se trouvant à l’emplacement de l’œil à une importance considérable, j’en suis certain. Si la maison de l’inca se trouve au cœur de la forme, au cœur de l’oiseau, l’œil représente la tombe de l’inca Pachacutec voir beaucoup plus. Sous l’œil se trouve la raison d’être du Machu Pichu, ou plutôt du Machu Pichiu, vieil oiseau ou oiseau sage en Queshua. Sous l’œil se trouve les réponses aux énigmes du lieu mythique qu’est le Machu Pichu. Ce lieu que les incas ont tenté de cacher alors que le reste de la cité a été laissé tel quel. Cette forme d’oiseau vu de coté, posé et le regard fixé vers la porte du soleil, révèle le sens de la cité, la précision avec laquelle les incas en ont dessiné les plans. Voilà des dizaines d’années que la beauté du lieu a aveuglé les chercheurs qui tentent de découvrir le secret à l’intérieur de la partie urbaine de la cité alors que les richesses se trouvent sous ce qui est considéré aujourd’hui comme une vulgaire terrasse. Aujourd’hui, des hommes marchent sur ce qui pourrait être la plus grande découverte archéologique de ce début de siècle.

Pierre Schwarz 1er décembre 2008